
André DERAIN
Le site officiel

Matisse's Femme au chapeau
a modern scandal
16 mai - 13 sept. 2026
San Francisco Museum of Modern Art
(San Francisco)
Le San Francisco Museum of Modern Art revient sur le scandale du Salon d’Automne de 1905 et met à l’honneur le célèbre tableau Femme au chapeau (1905) d’Henri Matisse, ainsi que les artistes ayant également participé au Salon cette année-là. On y retrouve ceux que la critique a surnommés « les Fauves », tels qu’André Derain, Maurice de Vlaminck et d’autres artistes présents lors de cette exposition devenue historique. Une poignée de peintres accusés de peindre comme des sauvages… puis finalement célébrés dans les plus grands musées du monde.

Présentée lors du Salon de 1905, Femme au chapeau provoque un véritable choc. Ses couleurs nombreuses, vives et irréalistes surprennent le public et scandalisent certains critiques. Le portrait représente Amélie Matisse, épouse du peintre, assise de profil tout en regardant directement le spectateur. Elle apparaît vêtue d’une élégante tenue bourgeoise, dominée par un immense chapeau aux couleurs éclatantes. La robe se compose elle aussi de tons vifs et contrastés, tandis que le visage demeure plus calme, presque figé. Matisse ne cherche plus à reproduire fidèlement la réalité : la couleur devient un langage autonome, capable d’exprimer une sensation plutôt qu’une simple apparence.
© Collection SFMOMA, San Francisco Museum of Modern Art, bequest of Elise S. Haas, 1991/ Photo credit : Glen Cheriton for SFMOMA
Henri Matisse (1869-1954), Femme au chapeau, 1905, huile sur toile, San Francisco Museum of Modern Art
Autour de cette œuvre, d’autres peintres sont également mis en avant dans la célèbre salle VII du Salon d’Automne de 1905, celle qui donnera naissance au terme de « Fauves ». Parmi eux, André Derain expose le portrait d'Henri Matisse (1905). L’œuvre est très colorée, mais apparaît plus sobre que Femme au chapeau. On y retrouve des touches fragmentées et lumineuses qui rappellent encore le divisionnisme, même si Derain s’en éloigne pour privilégier une peinture plus libre et instinctive.
Les couleurs chaudes et vives dominent la composition. Le visage, comme chez Matisse, demeure relativement neutre dans son expression, tandis que la matière picturale se fait plus épaisse et marquée. La touche est visible et assumée. Le tableau ne cherche pas la précision académique mais l’impact visuel et émotionnel. La couleur devient le véritable sujet de l’œuvre. La salle VII sera d’ailleurs décrite par certains critiques comme un lieu où « un pot de peinture vient d’être jeté à la figure du public », selon la formule restée célèbre de Camille Mauclair.

© Tate Gallery
André Derain, Henri Matisse,1905, huile sur toile, Tate Liverpool, n° inv. T00165
À travers cette exposition, le visiteur peut découvrir plusieurs toiles d’André Derain, notamment des œuvres issues de sa période fauve réalisées à Collioure. On y retrouve exposées deux toiles emblématiques de cette période : Le Phare de Collioure (1905) ainsi que Bateaux de pêche, Collioure (1905).
Elle met en lumière un scandale artistique qui a contribué à la naissance du fauvisme, un mouvement qui continue encore aujourd’hui d’inspirer de nombreux artistes contemporains.
Pour en savoir plus : https://www.sfmoma.org/exhibition/matisse-femme-au-chapeau/
Par Joséphine Nerrand-Verdier et Alice Kohl